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LE SON DES SOUVENIRS

Signé du réalisateur sud africain Oliver Hermanus (« Beauty« , « Moffie« ), « Le Son des Souvenirs« , passé par la compétition cannoise l’an dernier, pourra sembler à certains un sous « Secret de Brokeback Mountain« , du fait de son caractère d’échappée entre deux hommes, se découvrant une attirance l’un pour l’autre, et trouvant une liberté en parcourant des espaces de nature. Située au début du XXe siècle, l’intrigue implique deux étudiants du conservatoire de Boston, l’un orphelin et doué en piano, l’autre chanteur venu du Kentucky, se rencontrant dans un bar et trouvant immédiatement une complicité autour du chant et de sa transmission orale. C’est par le délicat et simple partage d’un verre d’eau, que sera d’emblée symbolisée leur rapprochement physique, concrétisé après une ellipse, où l’on retrouve Lionel (Paul Mescal), au lit, le dos voûté, un petit mot de David (Josh O’Connor) sur l’oreiller.

 

 

Évacuant leur liaison comme sujet d’inquiétude, contrairement au film d’Ang Lee, malgré le contexte et les interdits, le scénario s’intéressera surtout à l’importance d’un moment en particulier pour Lionel, un voyage d’étude dans le Maine, où ils seront tous deux impliqués, allant de village et village, pour enregistrer les chants des habitants. Entre moments intimes et moments d’écoute, les silences et les sons auront alors particulièrement leur importance dans ces moments empreints d’une immense douceur, que la photographie, qui met merveilleusement en valeur la nature qui les entoure, sera aussi amenée à renforcer. Avec en arrière plan les stigmates de la Guerre de 14, Oliver Hermanus interroge les conventions sociales et le désir de famille, au travers de deux personnages fusionnels, interprétés par Josh O’Connor (« Seule la Terre« , « Challengers » et récemment « Rebuilding » et « The Mastermind« ) et Paul Mescal (« Aftersun« , « Sans jamais nous connaître« , « Gladiator 2 » et récemment dans « Hamnet« ) dans une palette de sensations très restreinte, mais toute en nuances. Drame poignant, cette parenthèse fondatrice d’un parcours amoureux et humain, s’affiche déjà comme un film majeur de 2026.

(Olivier Bachelard, Abus de Ciné)

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